Marcel Chastan

J’ai connu Marcelle quand j’allais à l’école, j’avais 14 ans à l’époque. Je ne sais pas quand elle est venue à Mirmande, ce que je sais c’est qu’elle est allée dans les années 1930 à l’école de Peinture de Mr André Lothe. Elle faisait des peintures à un endroit que même les Mirmandais ne connaissaient pas , la végétation ayant poussée maintenant on ne voit plus le village comme Marcelle le voyait. Quand elle peignait elle n’aimait pas qu’on la regarde trop longtemps, juste un coup d’œil. Elle faisait de belles peintures, j’invite les amateurs de peinture, de tableaux, à venir voir son exposition. j’irai moi car je ne connais pas toutes ses peintures . Elle avait un autre endroit dans le village. Elle faisait ses peintures avec son petit tabouret, son chevalet et son petit panier, je l’ai vue de nombreuses de fois., elle était très simple, aimable, une brave femme et pendant la guerre c’était une grande résistante, elle portait des messages aux maquisards, en ce temps là j’habitais aux Rouveyre, j’y suis resté pendant 20 ans. Quand on la voyait mon père disait « Ah, la voilà qui va voir les maquisards » elle cachait les plis dans ses chaussettes ou son soutien gorges. Elle était envoyé par monsieur de Saint prie ou monsieur Caillet qui avaient des relations avec les maquisards. Il y avait plusieurs réseaux maquis, des maquisards ont été brûlés dans leur maison . Plusieurs maquisards se sont sauvés et sont venus coucher chez mes parents.. Elle passait incognito pour passer ses messages, on aurait dit une voisine qui allait faire ses commissions. Elle avait un petit panier et elle s’habillait en paysanne.. Il y a eu un parachutage avec Monsieur de Saint Prie et Monsieur Caillé, après un message, mon père a participé au parachutage, à la maison on a dit il faut fermer les lumières pour que les maquisards avec leurs grosses lampes signalent l’endroit. Il y avait des contenaires qui étaient restés accrochés aux arbres il a fallut s’en occuper pour que les camions viennent les chercher, il y avait des armes et des explosifs pour faire sauter le pont de Livron. Elle a participé avec Monsieur Lothe à la vie du village, si elle était encore là, elle serait contente de voir le village comme il est. C’était une jolie dame, on l’admirait. Elle venait toujours aux fêtes du village. Elle aimait bien danser.