Marcelle Rivier 
Réussir en désobéissant, voila la gageure.
Réussir en défiant les lois, les conventions et surtout les conseils des professeurs.
Abolir la palette et le sacro-saint nettoyage des pinceaux, corrompre les couleurs,
rudoyer la matiere, déjouer la perspective et se jouer de tout.
Que chaque oeuvre soit un paradoxe qui fasse taire les censeurs.

"Je peins pour me faire une sublime surprise. Je demande à une toile de m'épater." S'étonner soi-meme, certes. Mais aussi étonner les autres. A cet endroit de la conversation, Marcelle laisse entendre que, au-dela de la jubilante provocation, il y a, plus secretement, la nécessité de régler des comptes

"J'avais des revanches à prendre. Revanche sur les adultes qui humilient trop facilement l'enfance. Revanche sur la vie qui n'assouvit pas toujours les désirs.
La peinture m'a permis, entre autres choses, de prouver ce dont j'étais capable par moi seule et de réaliser ce que je ne pouvais pas ou n'osais pas vivre. "Elle rappelle alors la phrase de François Dodat : "Songe peut-être aux violences merveilleuses que l'homme enchaîne au fond de sa pensée". Violences que l'enfant et la femme ont enchaînées mais que l'artiste, "la peintresse", dit-elle en jouant avec l'accent méridional, libère définitivement. 'Au couvent, j'entendais dans la nuit un train qui passait en sifflant. Ce train me disait qu'un jour je mourrais." "Nous étions dans la salle d'étude. La porte était ouverte sur la cour. Ce devait être un de ces automnes superbes, comme il y en a en Amérique.
La lumiere qui coula sur les arbres me fit comprendre qu'autre chose existait." TOUT "Je veux tout faire. Matisse donne d'une feuille un tracé linéaire et élégant. Moi, je veux le tactile, l'odeur,
tout jusqu'aux nervures. Je veux le charnel des choses, en somme tout ce qui est défendu. C'est pourquoi j'ai besoin de m'approcher. Les paysages sont parfois trop loin de moi."

1906: Naissance à Lyon puis petite enfance à Paris
1912: Départ pour l'Argentine
- Année scolaire dans les couvents où elle apprend l'Espagnol
- Vacances dans la propriété familiale près de la Cordillère des Andes.
1924: Vendeuse à Buenos Aires dans une galerie d'art.
1928: Arrivée à Paris avec l'envie de peindre, s'inscrit au cours d'André Lhote qui, l'été, emmène ses élèves à Mirmande, Fréquente également les académies Julian et Léger. Va au Louvre et à quelques expositions.
1930 à 1934: Par nécessité devient modèle six mois de l'année et se retire les autres mois pour peindre à Mirmande. Où elle partage son atelier avec Blanche Huzek, rencontre Focillon, Supervielle, Derain. Participe aux salons d'automne et au salon des Tuileries.
1935: Danseuse de Music-hall la nuit, peintre le jour, passe six mois à New-York et six mois à Londres.
1936: Mariage à Londres et départ pour New-York.
1938: Rentre seule à Paris pour peindre. Rencontre Loevenstein, d'autres peintres de l'"Equipe", ainsi que des écrivains (Miller, Michaux).
A partir de 1940 : S'installe à Mirmande avec d'autres peintres (Loevenstein, Garbell, Bolin...).
1941 : Exposition au musée de Valence. Rencontre Maurice Caillet.
Pendant la guerre : Marcelle travaille comme agent de liaison d'un réseau de résistance. Grâce à elle, beaucoup échappent à la Gestapo. Dès 45, elle reçoit la Croix de Guerre. Mais, de tout cela elle parle peu.
De 1946 à 1947 : S'intègre à la vie de Mirmande où elle écrit et monte plusieurs pièces. Rencontre Lacasse.
1948 : Exposition à "La Gentilhommière", boulevard Raspail à Paris.
1951 : Voyage en Afrique. Cinq mille kilomètres en Guinée.
Beaucoup de croquis qui, plus tard, deviendront dessins ou toiles.
De 1951 à 1952 : Travail sur les toiles d'Afrique.
De 1953 à 1956 : Expositions à Mirmande, à la Galerie Durand à Valence, au musée de Valence, à Tournon (exposition organisée par François Dodat) à Privas... Achat d'une toile par le musée de Valence, détruite en 1969 dans l'incendie du musée.
1956 : Prix du Conseil Général de la Drôme.
en atelier les grandes natures-mortes, des scènes d'intérieur avec des personnages de Mirmande. Abandonne le motif.
1960 : Expositions à Toulouse (achat d'une toile par le musée) et à la galerie Dudoret de Valence, où le peintre Auclair exposait des céramiques.
1967 : Expose au printemps culturel de Genève.
1969 : Expositions à Charavines-les-Bains, et à la galerie "la main de fer". 



Portrait enfant Espagnol
Petite négresse regardant danser
Portrait
Nature morte au saladier

(Cliquez sur les photos de peintures pour agrandir)