Principes d’activation

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Principes d’activation

L’activation suggère une relation dynamique avec le milieu interne et externe à l’objet.

L’activation provoque un processus d’action, de «mise en route» ou «de mise à feu».

L’activation est une tentative de cerner un « moment d’indistinction » , un moment fragile, instables ou transitoires. L’activation est le moment de l’altérité, le moment de l’inattendu, le moment ou l’animal percute l’obstacle qu’il n’a pu voir à cause d’une marche en crabe… Le crabe, voilà un artiste qui n’a pas peur d’une démarche ou les yeux ne sont pas fixés droits sur l’objectif.

Exemple d’activation: une chaise pliante serait activée si elle était dépliée pour pouvoir s’asseoir.

Un autre exemple d’activation est l’idée d’une bombe qui, une fois activée va produire une réaction en chaîne plus ou moins rapide et explosive.

En informatique, différentes étapes s’exécutent pour produire des activations successives : mise en route de l’ordinateur, sélection du programme, utilisation du programme pour créer ou traiter des textes, des images…

La différence entre une chaise pliante et un ordinateur est une différence de niveau de complexité.

Le rôle d’interface des objets ou des outils dans la relation des êtres humains à la « nature » n’a fait qu’évoluer vers plus de complexité.

Cette mise à distance de la nature est une combinaison d’outils complexes de deux ordres, matérielle et symbolique. Je dis, « mise à distance », dans la mesure où pour atteindre un objectif, par exemple, éteindre une lampe avec un interrupteur, je peux mettre plus ou moins de distance et d’interfaces entre les deux.

La complexité matérielle c’est l’évolution qu’il y a entre la pierre lancée par un Homme de Neandertal pour éloigner un fauve, et la bombe lancée et guidée par satellite d’aujourd’hui. La complexité symbolique, c’est l’évolution des signes qui vont des premières représentations symboliques sur la paroi des cavernes, à l’invention des écritures, aux langages mathématiques, informatiques etc …

Cette complexité matérielle et symbolique se combinant, entraîne les objets fabriqués par l’être humain, dans une intelligence artificielle de plus en plus grande.

La complexité s’est accélérée par le développement de l’ordinateur et de l’informatique. L’outil ordinateur est devenu de plus en plus performant et les langages informatiques on fait d’eux-mêmes.

Nous utilisons des outils qui s’activent de plus en plus à l’intérieur comme à l’extérieur d’eux-mêmes. Ils sont capables de s’altérer au contact d’un virus informatique ; ils ont en eux la capacité de s’actualiser, d’être mis à jour et ont des potentiels infinis. Des objets qui échappent à notre contrôle et deviennent de plus en plus « vivants… ». Je dis vivant, dans le sens d’une plus grande interaction avec l’environnement. Les objets sont de plus en plus à distance de nous, ils agissent grâce à des interfaces et une programmation qui leurs donnent une « indépendance ». Les objets produisent de l’inattendu, ils nous échappent, ils nous ressemblent…

Je veux trouver une représentation, une équivalence symbolique et matérielle à ce que j’observe. « Il ne s’agit pas d’imiter la nature, mais de travailler comme elle, » disait Picasso «. Travailler comme elle… » comme le vivant ou ces outils activés et mis à jour…

La possibilité d’une activation ou d’une désactivation représente et présente cette idée dans mon travail. L’œuvre doit ce rapprocher d’une relations dynamiques, symboliques et matérielles avec l’environnement, elle nécessite de l’interactivité, de la communication, de l’adaptabilité, de l’autonomie, tout élément rendant l’œuvre la plus vivante possible.

Dans l’histoire de Pinocchio, Gepetto fabrique une marionnette puis il l’active avec ses mains pour lui « donner vie ». La marionnette est activée une seconde fois par une fée qui lui donne la possibilité d’une véritable mutation en petit garçon.

L’idéal serait que je puisse installer les matériaux de telle façon, qu’une simple « pichenette » active un processus d’équivalence à l’émergence de Pinocchio en un petit garçon.

Juillet 2004